
Foires et marches
Les lieux ou les sorcieres vendaient les epingles.
L objet magique ou habitent les Galtzagorriak
On raconte que les Galtzagorriak peuvent s acheter dans certaines foires secretes, vendus par de vieilles sorcieres qui connaissent encore les anciens rituels. L objet magique qui les contient est, curieusement, quelque chose d aussi banal qu une simple epingle.
Mais l epingle doit etre en or pur, et il faut la piquer trois fois dans la peau de l acheteur afin de la sceller avec son propre sang. Une fois le rite accompli, les petits esprits rouges habitent l epingle et obeissent a leur maitre... mais seulement jusqu a une certaine limite.
Car les Galtzagorriak sont des serviteurs terriblement agites. Il faut toujours leur donner une tache. Si leur proprietaire manque d ordres, ils commencent a semer le desastre : ils renversent des murs, empoisonnent des puits et incendient des etables sans raison.
Beaucoup de ceux qui achetaient l epingle finissaient ruines, incapables d inventer assez vite des travaux impossibles pour les satisfaire. Le dernier recours consistait a leur ordonner d apporter de l eau dans un panier d osier, une tache impossible qui les occupait pour toujours.

Les lieux ou les sorcieres vendaient les epingles.

Les maisons ou l on gardait les epingles heritees.
Ce recit est l un des avertissements basques les plus clairs contre la prosperite trop facile. La promesse de serviteurs surnaturels infatigables est seduisante, mais son cout est une vigilance constante et une dependance toujours plus profonde.
L epingle elle-meme est revelatrice : un petit objet domestique devient le receptacle d une puissance cachee et dangereuse. Quelque chose d ordinaire peut contenir la catastrophe lorsqu il est lie au sang et au desir.
Les Galtzagorriak ne restent utiles qu aussi longtemps qu on les maintient dans une discipline impossible. Des que le maitre faiblit, le service se change en destruction et la fortune devient malediction.
C est pour cela que la legende se transmet si bien. Elle exprime sous une forme populaire tres vive le soupcon que toute richesse obtenue trop vite renferme souvent son propre piege.