
Aralar et Urbasa
Massifs ou les Intxixu sont censes jouer leurs tours.
e Quand les Intxixu decident de se moquer des voyageurs e
Les Intxixu sont des maetres accomplis de la farce. Contrairement e d'autres esprits franchement malveillants, ils ne cherchent pas e faire un mal reel, mais seulement e s'amuser aux depens des humains qui traversent leur territoire. Leurs espiegleries sont celebres dans tout le Pays basque.
Un charbonnier d'Aralar jurait que les Intxixu avaient deplace sa cabane de vingt metres vers le haut de la montagne pendant son sommeil. Un berger d'Urbasa racontait qu'ils avaient noue toutes ses brebis les unes aux autres par la laine en une seule nuit. Un chasseur du Gorbea assurait qu'ils avaient remplace ses balles par des glands.
La farce la plus celebre eut lieu e Oiartzun, ou les Intxixu firent tourner tout un cortege nuptial en rond pendant des heures, lui faisant repasser sans fin par le meme carrefour jusque ce qu'il arrive e l'eglise apres la fermeture des portes par le pretre.
Le mariage dut attendre le lendemain. Depuis lors, les futurs maries d'Oiartzun emporteraient toujours un rameau de laurier beni pour eloigner les esprits moqueurs et arriver e temps e leur propre ceremonie.

Massifs ou les Intxixu sont censes jouer leurs tours.

Sentiers ou les voyageurs perdent leur orientation.
Les legendes basques de montagne n'imaginent pas la nature comme un espace vide, mais comme un territoire habite par des intelligences dotees d'un sens de lehumour. Les Intxixu n'ont pas besoin d'attaquer pour troubler les humains : la confusion, la repetition et le ridicule leur suffisent.
C'est pourquoi leur cadre prefere est le chemin. Un chemin promet l'orientation, la direction et le retour. Quand les Intxixu s'en melent, ils ne se contentent pas de gener le voyageur : ils ebranlent la confiance meme qui rend le paysage lisible.
Le motif recurrent de la marche en cercle est particulierement parlant. Il transforme la geographie en enchantement et l'epuisement en comedie, comme si la montagne elle-meme riait e travers les etres qui lehabitent.
Ces recits perdurent parce qu'ils traduisent une experience humaine commune e se perdre, mal lire l'espace, se sentir tourne en ridicule par la malchance e en drame surnaturel ou la foret garde toujours le dernier mot.