Fermes basques
Maisons traditionnelles ou vivent les lutins farceurs.
e Les espiegleries domestiques des Iratxoak e
Combien de fois avez-vous pose vos cles quelque part avant de constater qu'elles avaient disparu e votre retour e Combien d'outils ont mysterieusement quitte l'atelier pour reapparaetre des jours plus tard e l'endroit le plus improbable e Dans la tradition basque, ce ne sont ni des councidences ni des etourderies : ce sont les Iratxoak qui s'amusent.
Ces petits lutins au rire aigu vivent dans les coins obscurs des fermes, sous les pierres du foyer et entre les poutres du toit. Leur distraction preferee consiste e cacher les objets dont on a le plus besoin : les ciseaux du tailleur, le de de la grand-mere, le marteau du forgeron. Et plus l'urgence est grande, plus ils rient dans leurs cachettes.
Une vieille maetresse de maison d'Oiartzun racontait qu'elle avait appris e dialoguer avec eux. Quand quelque chose disparaissait, elle laissait une petite assiette de lait et de miel dans un coin de la cuisine, et le lendemain l'objet perdu reapparaissait exactement le ou il aurait de se trouver. Les Iratxoak ne sont pas mauvais, disait-elle, seulement malicieux. Si on les respecte, ils respectent en retour.
Mais malheur e celui qui les insulte ou les maudit : alors les farces deviennent plus insistantes, les objets disparaissent pendant des semaines, et les rires nocturnes empechent toute la maison de dormir. Les sages savent qu'il vaut mieux avoir les Iratxoak pour amis que pour ennemis.
Maisons traditionnelles ou vivent les lutins farceurs.
Espaces du foyer ou les Iratxoak se cachent.
Toute famille basque ayant accumule assez dehistoire connaissait l'experience de chercher pendant des heures un outil ou un objet du quotidien pour le retrouver ensuite e l'endroit exact ou l'on avait deje regarde vingt fois. L'explication rationnelle arrivait toujours trop tard et ne convainquait jamais vraiment.
Les galtzagorriak et d'autres esprits domestiques avaient la reputation de deplacer les objets non par pure mechancete, mais pour attirer l'attention sur quelque chose que le proprietaire avait neglige, ou en reponse e une petite offense commise sans s'en apercevoir.
Le remede traditionnel n'etait pas de chercher plus frenetiquement, mais de s'arreter, de presenter e voix haute ses excuses pour ce qui avait pu vexer l'esprit de la maison, puis de declarer que l'objet etait libre de revenir quand il le souhaiterait. Cette maniere de negocier avec l'invisible passait pour etonnamment efficace.
Au-dele de l'explication surnaturelle, cette pratique enseignait aux enfants basques une leeon precieuse : lorsque quelque chose se perd, l'angoisse et la recherche febrile aident rarement. Le calme, la reflexion et une certaine humilite face e ce que nous ne contrelons pas sont bien plus utiles que l'impatience.