Grottes de Mari
Espaces mythiques ou les enfants de Mari recoivent un savoir secret.
Les jumeaux de la dualite cosmique

Atarrabi et Mikelats naquirent de l'union de Mari et de Sugaar, mais ils representerent des le debut des chemins opposes. L'un est lie a l'intelligence mesuree, a la protection et a la justice ; l'autre a la ruse, a la destruction et aux forces les plus sombres de la nature.
De nombreuses versions racontent que les jumeaux furent confies a un etre sinistre ou a un maitre demoniaque afin d'apprendre les arts caches du monde. Cet apprentissage devint l'epreuve ou leurs vraies natures se revelerent.
Mikelats adopta les sortileges qui ruinent les recoltes, dechainent la grele et repandent la peur dans les villages. Atarrabi, au contraire, apprit a proteger les champs et les troupeaux, faisant du savoir un bouclier plutot qu'une arme.
Lorsque vint le moment de quitter la grotte, la regle cruelle voulait que le dernier eleve a en sortir y reste emprisonne pour toujours. Atarrabi s'echappa grace a son intelligence, tandis que Mikelats resta lie a l'ombre. Depuis lors, ils symbolisent la lutte permanente entre la lumiere et l'obscurite dans le mythe basque.
Le recit d'Atarrabi et Mikelats concentre l'une des idees les plus profondes de la mythologie basque : le reel repose sur des forces opposees qui ne disparaissent jamais tout a fait. Les fils de Mari ne sont pas seulement des personnages, mais des principes vivants d'equilibre et de conflit.
Le tamis parlant et la fuite audacieuse vers Eguzki
Atarrabi reste la figure qui maitrise la puissance par l'intelligence et la retenue, tandis que Mikelats incarne la tentation de tourner un don exceptionnel vers le mal. Ce contraste moral donne a la legende sa force durable.
Ainsi, le mythe depasse largement le drame familial entre etres divins. C'est une meditation sur le choix, la responsabilite et la ligne fragile qui separe la sagesse sacree de l'ambition destructrice.
Etsai lui ayant ordonné, en guise de punition, de séparer patiemment la paille fine de la farine, le jeune homme enchanta son tamis pour qu’il réponde d’une voix aiguë : « Je suis toujours là ! » et « J’ai presque terminé ! » Tandis que la cruelle créature restait tranquille, rassurée par les bruits du travail au fond de la montagne, le jeune prodige s’enfuit rapidement et sans crainte vers les vallées ensoleillées.
Lorsque le maître réagit et se précipita pour refermer les dalles de la montagne, il ne put saisir que l’obscurité qui suivait le jeune homme, arrachant magiquement son ombre au seuil. Privé à jamais d’ombre sous le Soleil, Eguzki, Atarrabi s’installa librement dans la montagne. Il y devint le gardien désintéressé de l’humanité, contrant les mauvais tours de l’envieux Mikelats jusqu’à la fin des étoiles.