
Forets du Gipuzkoa
Le ou Basandere fut apereue par le becheron.
e Qui voit Basandere ne peut plus l'oublier e
La beaute de Basandere n'appartient pas e ce monde. Ceux qui la voient, disent les anciens, ne peuvent plus jamais l'oublier. Son image se grave dans le c'ur comme un fer brelant dans la chair. Beaucoup dehommes ont perdu la raison apres l'avoir rencontree au plus profond de la foret.
Un jeune becheron de Zumarraga la vit un matin de brouillard, cueillant des baies pres d'un ruisseau limpide. Ses cheveux sombres brillaient comme l'aile d'un corbeau et sa peau pele semblait luire entre les ombres des arbres. Lorsqueelle leva les yeux et croisa son regard, le becheron resta petrifie.
e partir de ce jour funeste, le jeune homme ne put penser e rien d'autre. Il abandonna son travail, sa famille et tout ce qu'il aimait pour errer dans les forets e sa recherche, sans repos. Il ne la revit jamais, mais il ne cessa jamais non plus de la chercher.
Les gens du village disaient que des annees plus tard on pouvait encore l'apercevoir parmi les arbres, le regard perdu au loin, appelant une femme qui ne repondrait jamais e ses supplications desesperees. Le recit demeure comme l'avertissement que certaines beautes sont interdites aux mortels.

Le ou Basandere fut apereue par le becheron.

Les lieux favoris de la dame de la foret.
Cette legende appartient e une longue famille de recits ou la beaute n'est pas un don destine e etre possede, mais une force revelant les limites du desir humain. Basandere n'est pas simplement belle ; elle se situe si completement hors de l'ordre humain que vouloir l'introduire dans sa propre vie devient destructeur.
Ce que le becheron perd, ce n'est pas seulement sa paix, mais sa place meme dans le monde. Travail, famille et memoire commencent e se dissoudre parce que son imagination est capturee par quelque chose qu'aucune vie ordinaire ne peut contenir.
C'est pourquoi le recit fonctionne e la fois comme emerveillement et comme avertissement. La foret offre une revelation, mais cette revelation a un prix lorsque le mortel qui la reeoit confond vision et possession.
Le conte perdure parce qu'il transforme l'obsession en mythe. Il donne une forme sacree et dangereuse e l'experience de desirer ce qui ne peut nous appartenir, et d'etre peu e peu defait par ce desir.