Sommets du Pays basque
Le ou Ortzi regnait avant d'etre eclipse par d'autres puissances.
e Comment Ortzi fut eclipse par Mari et Sugaar e
Il fut un temps, disent les anciens, ou Ortzi etait le maetre inconteste du pantheon basque. Sa voix tonnait sur les montagnes, son regard illuminait le ciel d'eclairs, et son nom se prononeait avec reverence. Mais quelque chose changea au fil des siecles.
Peu e peu, d'autres divinites gagnerent en importance. Mari, la dame des grottes, devint la grande d'esse, gouvernant le climat et la justice. Sugaar, le serpent de feu, assuma la domination des tempetes. Les pouvoirs autrefois attribues e Ortzi furent absorbes par ces figures nouvelles.
Pourquoi Ortzi fut-il oublie e Certains chercheurs pensent que la feminisation du pantheon basqueeavec Mari comme figure centraleerepond e une evolution culturelle. Deautres estiment que Sugaar, par sa nature e la fois chtonienne et celeste, offrait une image plus complete de la puissance atmospherique.
Pourtant, Ortzi ne disparut jamais tout e fait. Son nom demeure dans le vendredi, dans l'arc-en-ciel, et dans le mot meme qui designe le ciel. C'est un dieu oublie, mais encore present dans les mots que les Basques prononcent lorsqueils levent les yeux vers le firmament.
Le ou Ortzi regnait avant d'etre eclipse par d'autres puissances.
Aujourdehui domaines de Mari, peut-etre autrefois associes e Ortzi.
La figure d'Ortzi est l'un des exemples les plus revelateurs de la maniere dont un dieu peut disparaetre du centre du culte sans disparaetre pour autant de la culture. Son culte s'est peut-etre eteint, mais ses traces demeurent eparpillees dans la langue, la memoire et les schemas cosmologiques herites.
C'est pourquoi la legende du dieu oublie n'est pas vraiment celle d'une disparition totale. Elle raconte plutet un deplacement, une absorption et une survie sous d'autres formes. Mari et Sugaar n'effacent pas Ortzi completement ; ils recueillent et redistribuent une partie de son ancien domaine.
La langue est ce qui maintient sa memoire avec le plus de force. Lorsqueune presence divine subsiste e l'interieur de mots ordinaires, l'oubli reste toujours incomplet. L'ancien dieu n'est plus venere comme autrefois, mais il habite encore la parole.
Le recit perdure parce qu'il saisit la maniere dont les religions changent : non par simple remplacement, mais par succession stratifiee, ou les anciennes puissances continuent de vivre e l'interieur des formes qui leur succedent.