Grotte de Zugarramurdi
La destination du vol des sorcieres vers l akelarre.
La formule secrete des sorcieres
Pour voler jusqu a l akelarre, les Sorginak devaient preparer un onguent special. Ses ingredients etaient secrets, transmis de mere en fille et de maitresse a apprentie dans des rites perdus dans la nuit des temps. Chaque sorciere gardait sa recette comme son bien le plus precieux.
Selon les proces inquisitoriaux, l onguent contenait de la graisse d enfant non baptise, du sang de crapaud, du millepertuis cueilli a minuit, ainsi que d autres substances que les chercheurs modernes identifient comme des plantes hallucinogenes : belladone, jusquiame, mandragore. Appliquees sur la peau, elles pouvaient produire des visions intenses.
Les sorcieres enduisaient leur corps et leurs balais avec cet onguent, puis prononeaient la formule magique : Au-dessus des nuages, sans toucher a rien ! Elles s envolaient ensuite par la cheminee vers la reunion nocturne. Volaient-elles vraiment, ou bien les plantes les emportaient-elles dans des visions extatiques e La question demeure.
Ce qui est certain, c est que les confessions des sorcieres decrivaient des sensations presque identiques : le sentiment de s elever, le vent sur le visage, le paysage nocturne sous leurs pieds. Qu il s agisse de magie ou de chimie, le vol etait absolument reel pour celles qui le vivaient.
La destination du vol des sorcieres vers l akelarre.
Les lieux ou l on cueillait les ingredients de l onguent.
Parmi les archives inquisitoriales et les histoires chuchotees des villages, un element revient sans cesse : l enigmatique onguent du vol. Il se situe au carrefour de la medecine, de la magie et de la persecution.
Cette legende conserve la memoire d un savoir herbal profond, pre-chretien, que les Sorginak auraient maitrise. Des plantes capables de guerir, d empoisonner ou d alterer la conscience devenaient a la fois des outils de soin et des preuves d accusation.
Pour les regards exterieurs, l onguent prouvait une culpabilite diabolique. Pour les lecteurs modernes, il evoque aussi une pharmacologie populaire tres subtile dont les effets pouvaient nourrir de veritables visions de vol.
C est cette dualite qui maintient le recit vivant. L onguent reste a la fois magie interdite et archive obscure du savoir corporel des femmes.
Pour l?imaginaire populaire, cet onguent condensait tout un savoir obscur sur les plantes, le corps et l?extase. Les ingr?dients suppos?s en faisaient une substance ? la fois redout?e et fascinante.
C?est pr?cis?ment cette ambigu?t? qui maintient le r?cit vivant : poison, rem?de, rite et fantasme se m?lent dans une m?me image de la sorci?re en vol.