Les Sorcières de Zugarramurdi

— L'Akelarre dans les grottes de la frontière —


Las brujas de Zugarramurdi

Fiche rapide

  • Lieu : Zugarramurdi, Navarre (frontière avec la France)
  • Nom en basque : Zugarramurdiko sorginak
  • Êtres impliqués : Sorginak, Akerbeltz, habitants du village
  • Motifs : akelarre, sorcellerie, persécution, histoire
  • Chronologie : 1610 (auto-da-fé de Logrono)
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La légende

Dans les grottes de Zugarramurdi, près de la frontière française, les sorginak étaient censées célébrer leurs sabbats nocturnes. Selon les aveux arrachés par l'Inquisition, elles adoraient Akerbeltz, le bouc noir, en dansant et en accomplissant des rites sous la lune.

Le mot akelarre vient précisément de ces rencontres : aker (bouc) + larre (pré). Le « pré du bouc » désignait l'endroit où les sorcières se réunissaient, et Zugarramurdi devint le lieu le plus célèbre de toute la péninsule.

En 1610, le tribunal de Logrono mena le plus grand procès de sorcellerie de lehistoire espagnole. Plus de trois cents personnes furent accusées, cinquante-trois poursuivies et onze moururent sur le bûcher. Les aveux évoquaient des vols nocturnes, des métamorphoses animales, des poisons et des maléfices dirigés contre les voisins.

Nous savons aujourdehui que ces prétendues sorcières étaient probablement des guérisseuses, des sages-femmes et des gardiennes de traditions rurales persécutées par l'orthodoxie religieuse. Les grottes de Zugarramurdi sont devenues un musée et un lieu de mémoire où subsistent à la fois la tragédie et le mystère de l'Akelarre originel.

Créatures associées

Sources et documentation

  • Gustav Henningsen: El abogado de las brujas
  • Actas del proceso de Logroño (1610)
  • J. Caro Baroja: Las brujas y su mundo

L'Akelarre de Zugarramurdi : là où lehistoire et le mythe se confondent

S'enfoncer dans les forêts profondes de Navarre, c'est rencontrer leécho troublant de la grotte de Zugarramurdi. En ce lieu imposant se rejoignent tragiquement lehistoire de la persécution et la mémoire symbolique de la sorcellerie basque.

Les paysans du XVIIe siècle affirmaient que des femmes et des hommes ayant renié la foi chrétienne se réunissaient secrètement dans la grotte. Là, sous le ciel nocturne, ils auraient chanté des hymnes païens en lehonneur du bouc noir et célébré des rites interdits.

Le grand proc?s inquisitorial et son empreinte

Cette fantasmagorie se heurta de plein fouet au zèle du tribunal de Logrono en 1610. À partir de témoignages effrayés, les autorités transformèrent la rumeur en vérité judiciaire et condamnèrent des dizaines d'innocents dans l'un des épisodes les plus sombres de la répression ibérique.

La puissance de ce sacrifice imposé a élevé Zugarramurdi en sanctuaire universel des sorginak. Encore aujourdehui, les récits qui remplissent sa grotte maintiennent ensemble la mémoire, la douleur, la superstition et la force persistante d'un imaginaire ancestral.