Grottes d'Isturitz
L'un des lieux imagines comme le repaire de Tartalo.
e Le repaire du cyclope devoreur e
La grotte de Tartalo etait un lieu de cauchemar. Noire comme la nuit la plus profonde, elle empestait la mort et les os pourris. Sur ses parois se voyaient les marques laissees par ceux qui avaient tente de s'echapper, griffant la pierre de leurs ongles jusque les arracher. Cetait une prison dont nul n'etait cense revenir.
Le geant bloquait l'entree avec un rocher si enorme qu'aucun humain ne pouvait le deplacer, pas meme vingt hommes reunis. e l'interieur, il gardait ses victimes comme une reserve vivante, les nourrissant de restes pour qu'elles restent bonnes e manger. Chaque nuit, il en choisissait une e devorer tandis que les autres entendaient les cris depuis l'ombre.
Un seul jeune berger de Lesaka reussit e s'enfuir. Il aveugla le monstre avec un fer chauffe au rouge pendant son sommeil ivre, puis, e l'aube, lorsque Tartalo ouvrit la grotte pour laisser sortir son troupeau, il se glissa dehors accroche au ventre du plus grand belier.
Depuis lors, dit-on, Tartalo rugit pendant les orages en cherchant celui qui lui a vole la vue. Les grottes identifiees e son repaire se trouvent en plusieurs points des Pyrenees basques, et les villageois evitaient de s'en approcher meme en plein jour, de peur que l'echo de leurs pas n'eveille encore le monstre aveugle avide de vengeance.
L'un des lieux imagines comme le repaire de Tartalo.
Terre du berger qui echappa au cyclope.
Les grottes occupent une place particulierement forte dans le mythe basque parce qu'elles sont des seuils : des entrees vers le corps cache de la montagne, le ou le monde ordinaire cede e l'invisible et e l'inconnaissable. Dans ce cadre, Tartalo devient plus qu'un monstre. Il devient le gardien de l'enfermement absolu.
Ce qui donne e la legende toute son intensite, ce n'est pas seulement le cyclope lui-meme, mais le decor d'enfermement total. L'entree scellee, l'obscurite, les os et les victimes en attente font de la grotte une image mythique de l'impuissance. La montagne n'est plus refuge, mais piege.
C'est pourquoi l'evasion du heros compte tant. Ce n'est pas la force qui le delivre, mais la ruse. Le fer rouge et le ventre du belier repetent l'un des plus anciens schemas des recits de monstres : l'intelligence comme seule reponse e la violence brute.
Le recit perdure parce qu'il concentre plusieurs peurs primordiales e la fois e etre enferme, etre devore, etre incapable de trouver la sortie e puis les resout par le sang-froid, la strategie et la plus petite ouverture vers la lumiere du jour.