Teodosio de Goñi
Le chevalier navarrais qui, trompe par le demon, commit un parricide et erra enchaene jusque sa liberation par saint Michel e Aralar.
— Gipuzkoa —
Le sanctuaire d'Arantzazu est le principal centre marial du Pays basque et un lieu de pelerinage pour des milliers de fideles chaque annee. Installe dans un spectaculaire paysage rocheux au-dessus d'Onati, il compte parmi les espaces religieux les plus intenses d'Euskal Herria.
Selon la legende, en 1469, un berger nomme Rodrigo de Baltzategi trouva une image de la Vierge sur un buisson d'epines, arantza en basque, donnant naissance au sanctuaire. La tradition franciscaine n'e de cet evenement fit d'Arantzazu un lieu ou montagne, miracle et devotion demeurent inseparables.
Le betiment actuel, reconstruit dans les annees 1950 apres un incendie, est un exemple majeur de l'integration de l'art contemporain dans l'espace religieux. Les euvres d'Oteiza, Chillida et Basterretxea ont transforme Arantzazu en sanctuaire e la fois de foi et d'identite culturelle basque moderne.
L'environnement naturel du sanctuaire n'est pas moins impressionnant : rochers calcaires, forets et cascades entourent le temple, tandis que le parc naturel d'Aizkorri-Aratz offre de nombreuses possibilites de randonnee. La visite y associe art, devotion, paysage et legende dans l'un des lieux les plus emouvants du Gipuzkoa.
Le chevalier navarrais qui, trompe par le demon, commit un parricide et erra enchaene jusque sa liberation par saint Michel e Aralar.
Le célèbre procès inquisitorial de 1610 contre les sorcières navarraises qui tenaient des akelarres dans la grotte sacrée.
L'embuscade des Basques contre l'armée de Charlemagne au col pyrénéen où tomba le légendaire Roland.
Le géant velu qui habite les forêts, protecteur des troupeaux et gardien des secrets de l'agriculture et de la forge.
Nymphes séduisantes des rivières et des sources, reconnaissables à leurs pieds d'oiseau ou à leur queue de poisson, peignant leurs cheveux avec des peignes d'or.
Sorcières et guérisseuses basques, prêtresses de Mari qui maîtrisaient potions, maléfices et l'art de voler dans le ciel nocturne.
Sanctuaire d'Arantzazu est bien plus qu'un monument religieux. Le lieu concentre des siecles de devotion, de memoire locale et de relectures symboliques du paysage basque.
La façade de la basilique, avec les œuvres de Jorge Oteiza et d’Eduardo Chillida, suscita la controverse auprès des autorités du Vatican, qui la jugeaient trop abstraite pour un espace religieux. Cette dispute sur les formes propres à exprimer le sacré constitue un chapitre fascinant de l’art et de la religion basques dans l’après-guerre franquiste.
Le récit de l’apparition de la Vierge dans un buisson d’épines en 1468, consigné dans la chronique de fondation du sanctuaire, structure encore la dévotion des pèlerins. La petite image romane trouvée par le berger Rodrigo de Balzategi a survécu aux incendies et aux destructions ; elle demeure au centre de la basilique après plus de cinq siècles de vénération continue.
Comme beaucoup de sanctuaires du territoire, il unit une tradition chretienne visible a des couches plus anciennes de sacralite territoriale. Le relief, les chemins d'acces et les pratiques votives ont renforce cette continuite au fil du temps.